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Burn-out : 4 façons de se protéger

Les causes qui peuvent mener au burn-out diffèrent d’un métier à l’autre, d’une fonction à l’autre, d’une personnalité à l’autre. Petit aperçu de quatre profils exposés, élaborés avec Catherine Vasey, psychologue spécialiste du burn-out. Ainsi que des risques encourus et des réponses à apporter.

Si vous êtes en contact avec le public

LES RISQUES

Le principal facteur de risque est la surcharge émotionnelle, qu’il s’agisse d’être dans l’empathie, la compassion, ou de prendre sur vous pour « encaisser » l’agressivité du public. Le stress est majoré si les moyens sont insuffisants et si vous vivez votre métier comme une mission. Plus l’écart entre l’idéal et la réalité est important, plus grand est le danger de craquer.

 

LES BONNES RÉPONSES

Se défouler : au cours ou à la fin de la journée, trouver l’activité qui va permettre une décharge physique et émotionnelle (marcher, courir, nager, chanter…).

Éviter de ressasser les moments difficiles de la journée. Revenir à l’ici et maintenant, dans son corps et dans sa tête, notamment en étant présent avec ses proches.

Rééquilibrer les plateaux entre idéal et réalité en interrogeant les moyens à disposition, le réalisme de l’objectif et la palette des améliorations possibles.

Échanger avec ceux qui vivent une situation similaire, mettre ses difficultés en mots afin d’atténuer les sentiments de culpabilité et d’impuissance.

 

Si vous êtes un exécutant

 

LES RISQUES

Le stress sera différent en fonction de la façon dont vous occupez votre poste. Premier cas : vous vous sentez bien dans la fonction d’exécutant. Le stress éventuel sera lié à la hiérarchie. Les chefs sont-ils en phase entre eux ? Le vôtre assume t-il ses responsabilités ? A-t-il défini clairement ses objectifs ? Est-il capable de les traduire en missions précises en accordant les bons moyens ? Si la réponse est non, le risque sera de prendre sur vous pour essayer de concilier l’inconciliable. Deuxième cas : la fonction d’exécutant ne vous convient pas, elle est source de honte, de colère, de rejet. Et donc d’altération de l’estime de soi et de la motivation, surtout si la marge de manoeuvre est faible. Le stress sera encore majoré si vous subissez en plus une forte pression ou en cas de dysfonctionnement hiérarchique.

 

LES BONNES RÉPONSES

Clarifier la souffrance : ce qui relève d’une fonction mal vécue ou des mauvaises conditions d’exercice de celle-ci.

Communiquer : faire le point avec sa hiérarchie sur la définition de l’objectif, des moyens et des délais. Faire part de ses besoins et de ses doutes quant à la faisabilité de la tâche dans les délais convenus. Informer ses chefs et ses collaborateurs des éventuels retards ou difficultés rencontrées, qui exigent une intervention de la hiérarchie.

Assumer sans culpabiliser de ne pas avoir pu atteindre l’objectif faute de moyens.

Compenser et se questionner : si l’on vit mal la fonction et que l’on n’a pas la possibilité d’en changer, il est indispensable de compenser dans sa vie personnelle. En s’investissant dans des activités qui ont du sens pour soi et qui font appel à des compétences inexploitées dans le travail. Mais aussi en prenant le temps de s’interroger avec un spécialiste sur son parcours professionnel.

 

Si vous êtes manageur

 

LES RISQUES

Votre fonction exige souplesse, autorité, empathie et autonomie. Les sources de stress sont nombreuses, matérielles ou émotionnelles, peu de manageurs y échappent. Elles seront majorées si vous devez assumer des décisions difficiles (licenciements, réduction des budgets, conflits de valeurs). Autre source de stress : être en position de manageur sans avoir une grande marge de manœuvre décisionnelle. On occupe alors la position de tampon entre ses employés et sa propre hiérarchie, à devoir concilier des intérêts opposés tout en incarnant les valeurs et les objectifs de l’entreprise.

 

LES BONNES RÉPONSES

Évacuer la pression en se défoulant physiquement au quotidien et en ayant une bonne hygiène de vie (réduire les excitants, l’alcool ou les médicaments).

Améliorer ce qui peut l’être, en identifiant les domaines où l’on dispose d’une marge de manœuvre, de manière à compenser le sentiment d’impuissance ressenti dans les domaines « sous contrainte ».

Écouter les critiques, les propositions et les plaintes. Puis examiner à froid cette récolte et transformer ce qui peut l’être en source de motivation personnelle et collective.

Accepter de ne pas être aimé, mais pas de ne pas être respecté. Poser des règles et des limites et en assumer les conséquences. Mieux vaut un stress momentané qu’un stress chronique.

Échanger : la solitude du manageur est source d’anxiété et de stress. L’idéal est de partager problèmes et solutions avec ses pairs. Se protéger des interruptions incessantes, des personnalités qui prennent beaucoup de temps et d’énergie et qui donnent insuffisamment.

 

Si vous êtes travailleur indépendant

 

LES RISQUES

L’indépendance exige de l’autonomie, de la discipline et le goût du risque. Il est facile de se laisser envahir par ses activités professionnelles lorsque l’on est son propre chef, de ne pas se poser de limites (temps de travail, séparation entre vie privée et vie professionnelle). La solitude peut être pesante lorsqu’il s’agit de prendre des décisions stratégiques. La fatigue physique et l’anxiété financière sont au cœur du stress du travailleur indépendant.

 

LES BONNES RÉPONSES

Oser s’interroger : est-on vraiment fait pour être indépendant ? A-t-on fait un vrai choix ou voulu se débarrasser d’un salariat pénible ?

Délimiter des plages de travail afin de cloisonner sa vie professionnelle, surtout si l’on a son bureau chez soi. Créer deux adresses e-mail : l’une professionnelle et l’autre personnelle. Avoir deux téléphones portables.

Se relier en intégrant un réseau de professionnels indépendants pour discuter de ses problèmes et échanger ses « tuyaux ». Faire appel à des spécialistes pour traiter des points spécifiques (comptabilité, marketing…)

Se féliciter : la reconnaissance ne viendra que de soi. Prendre le temps de savourer ses réussites, puis de les partager avec ses proches.

Prendre soin de soi, de son apparence et de sa santé (repas réguliers, exercice physique), mais aussi de sa vie sociale. Le travailleur indépendant a tendance à se replier sur son conjoint et ses enfants.

 

 

Flavia Mazelin Salvi (2015), Burn-Out, 4 façons de se protéger, http://www.psychologies.com/Travail/Souffrance-au-travail/Burn-out/Articles-et-Dossiers/Burn-out-4-facons-de-se-proteger 

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